Épargne-études

Décaissement REEE : stratégies pour optimiser vos retraits et réduire l’impôt


Quand vient le temps de retirer des montants de votre REEE, l’objectif est simple : maximiser les sommes disponibles pour couvrir les dépenses importantes tout au long des études postsecondaires de votre bénéficiaire, tout en minimisant l’impôt à payer.

Voici quelques conseils pratiques pour planifier le financement des études de votre enfant ou mieux comprendre la distinction entre les paiements d’aide aux études (PAE) – qui comprennent les subventions et les revenus cumulés dans votre REEE – et les cotisations.

À retenir

  • Les PAE sont imposables entre les mains du bénéficiaire.
  • Les cotisations sont retirées sans impôt.
  • Il est généralement avantageux de retirer les PAE en premier.
  • Conserver les cotisations dans le REEE permet de prolonger la croissance à l’abri de l’impôt.
  • Une stratégie adaptée au revenu étudiant peut réduire l’impact fiscal.

Au moment du retrait, le REEE se divise en deux parties : les PAE et les cotisations. Il est important de savoir que leur décaissement ne subit pas le même traitement fiscal.

Paiements d’aide aux études (PAE) Cotisations
À qui cela appartient-il? À l’étudiante ou à l’étudiant bénéficiaire du REEE. À la souscriptrice ou au souscripteur au REEE.
Qu’est-ce que ça comprend? Les subventions gouvernementales et les revenus accumulés. Le capital investi dans le REEE au fil des années.
Quel est l’impact fiscal? Les retraits sont imposables pour la ou le bénéficiaire. Les retraits sont non imposables.

Que faut-il prévoir pour les impôts?

Votre bénéficiaire doit inclure les PAE reçus dans sa déclaration d’impôt pour l’année où ils lui ont été versés. Comme les revenus d’une étudiante ou d’un étudiant sont généralement plus faibles pendant les études, le taux d’imposition et l’impact fiscal demeurent souvent limités.

Cela dit, puisque les PAE sont imposables, contrairement aux cotisations, il est important de tenir compte des autres revenus que votre bénéficiaire pourrait recevoir pendant ses études, dont ceux provenant d’un emploi étudiant ou d’un stage rémunéré. Vous pourriez par exemple privilégier le retrait des PAE les années où les revenus anticipés sont plus faibles, et le retrait des cotisations lorsqu’ils sont plus élevés.

Comment retirer les PAE d’un REEE de façon optimale?

Voici trois façons de tirer profit de vos efforts financiers et d’utiliser au mieux votre REEE.

1. Retirez les PAE en premier

Il est conseillé de commencer par retirer les PAE, puis les cotisations. De façon générale, les revenus de votre bénéficiaire seront plus bas au début de ses études postsecondaires que vers la fin. Cette stratégie permet donc de réduire l’impôt à payer, ou même de l’éviter.

2. Conservez les cotisations au compte

Même si vous pouvez retirer vos cotisations à tout moment, il est généralement avantageux de les conserver dans le REEE jusqu’à la fin des études de votre bénéficiaire. De cette façon, elles continueront de générer des revenus à l’abri de l’impôt tout au long de son parcours.

3. Étalez les retraits jusqu’à la fin des études

Il est important de planifier le décaissement du REEE selon les besoins actuels de votre bénéficiaire, mais aussi selon le parcours d’études envisagé. Par exemple, s’il ou elle prévoit se rendre au baccalauréat, le coût des études va considérablement augmenter entre le cégep et l’université. Calculez vos retraits en conséquence!

Étude de cas : REEE d’une valeur de 17 000 $

Pour vous aider à vous projeter, nous vous présentons deux exemples concrets qui illustrent différentes façons d’utiliser votre épargne pendant les études.

Supposons que votre REEE a une valeur de 17 000 $ au début du décaissement. Cela comprend :

  • 10 000 $ en cotisations;
  • 7 000 $ en paiements d’aide aux études (PAE).

Scénario 1 | Études collégiales (préuniversitaires ou techniques)

Votre bénéficiaire quitte le domicile familial pour aller étudier au cégep pendant trois ans. Il effectuera un total de six retraits, c’est-à-dire au début de chaque session d’automne et d’hiver.

Vous choisissez d’effectuer les retraits uniquement à partir des PAE, et de retirer vos cotisations à la toute fin des études de votre bénéficiaire.

Études Retraits Total
Cégep
(6 sessions)
1 283 $ par session 7 698 $1 en PAE
Solde du REEE à la fin des études 10 000 $ en cotisations

Scénario 2 | DEC + baccalauréat

Votre bénéficiaire demeure à la maison pendant ses trois années d’études au cégep, puis il déménage à l’extérieur pour l’université. Vous effectuerez donc un total de 12 retraits, soit au début des sessions d’automne et d’hiver de ses six années de scolarité.

Vous utilisez seulement les PAE pendant le cégep. Puis, à l’université, vous étalez le reste des PAE et vous les combinez avec les cotisations.

Études Retraits Total
Cégep
(6 sessions)
750 $ par session 4 500 $ en PAE
Université
(6 sessions)
2 297 $ par session 3 782 $2 en PAE
+
10 000 $ en cotisations
Total des retraits 18 282 $2
Solde du REEE à la fin des études 0 $

Les avantages

Plusieurs avantages découlent des stratégies de décaissement REEE utilisées dans les scénarios précédents :

  • Avoir du financement jusqu’à la fin des études, en planifiant les retraits sur l’ensemble du parcours scolaire.
  • Générer du rendement sur les sommes qui restent investies dans le REEE jusqu’à la fin des études. Cela pourrait représenter jusqu’à 698 $1 de plus dans le premier scénario, et jusqu’à 1 282 $2 de plus dans le deuxième scénario.
  • Limiter l’impact fiscal de ces retraits pour l’étudiante ou l’étudiant.
  • Adapter les retraits aux besoins réels de votre bénéficiaire, en tenant compte du fait que les coûts sont souvent plus faibles au cégep qu’à l’université et que les dépenses seront plus élevées s’il ou elle quitte la maison.

Que faire avec les cotisations d'un REEE?

Rappelons une chose importante : les cotisations appartiennent à la personne qui souscrit au REEE, et elles peuvent être retirées sans impôt. Le choix de remettre ces sommes au bénéficiaire ou de les conserver vous appartient entièrement. Voici donc trois façons d’utiliser vos cotisations et d’en tirer le maximum.

1. Remettez vos cotisations à votre bénéficiaire

Il y a plusieurs avantages à remettre vos cotisations à votre bénéficiaire, comme réduire la pression financière et lui permettre de concentrer son temps et son énergie sur ses études, en plus de limiter ou de complètement effacer ses dettes d’études. Puisque les cotisations sont non imposables, retirez-les lors des années où les revenus anticipés de votre bénéficiaire sont plus élevés.

2. Transférez vos cotisations dans le REEE d’un autre enfant

Si vous avez une famille nombreuse, la stratégie du roulement familial pourrait s’avérer très payante. Autrement dit, vous pourriez utiliser une même cotisation pour aller chercher plusieurs fois les subventions gouvernementales.

Lorsque votre premier enfant est admissible aux retraits, vous pouvez par exemple retirer 2 500 $ des cotisations de son REEE et les déposer dans celui de son frère ou de sa sœur plus jeune. Il ou elle pourrait alors bénéficier à son tour d’au moins 750 $3 en subventions, sans que vous ayez à débourser un dollar de plus. Vous pourriez répéter cette stratégie avec vos autres enfants, s’il y a lieu.

3. Réinvestissez vos cotisations dans votre REER

Maintenant que vous avez profité pleinement des subventions du REEE pour vos enfants, il est peut-être temps de rediriger vos efforts d’épargne pour votre retraite en réinvestissant vos cotisations REEE dans votre REER (régime enregistré d’épargne-retraite). Selon vos droits de cotisation inutilisés des années passées, vous pourriez profiter d’un retour d’impôt fort intéressant.

Vous ferez ainsi travailler deux fois votre argent, en profitant de deux incitatifs gouvernementaux avec une même mise de départ!

5 erreurs à éviter lors du retrait d'un REEE

  • Retirer les cotisations trop tôt.
  • Attendre la dernière année pour commencer les retraits de PAE.
  • Ignorer les autres revenus du bénéficiaire.
  • Retirer un montant plus élevé que nécessaire.
  • Ne pas planifier les besoins financiers jusqu’à la fin des études.

En conclusion

De façon générale, à moins que votre situation financière change de façon importante, que vous ayez un besoin urgent de liquidités ou que votre enfant ne poursuive clairement pas d’études, il vaut mieux attendre que votre bénéficiaire commence ou même termine ses études postsecondaires avant de retirer les cotisations de votre REEE. Il existe d’ailleurs certaines règles et limites établies par le gouvernement canadien à considérer lors du décaissement.

Puisque chaque parcours est unique et qu’il n’existe pas de stratégie de décaissement universelle, vous pouvez contacter votre conseillère ou votre conseiller en épargne-études chez Kaleido pour établir un plan personnalisé qui vous permettra de maximiser votre épargne-études, en plus de réduire l’impact fiscal des retraits pour votre bénéficiaire.

Foire aux questions (FAQ)

Ressources similaires

Adolescent retrouvant confiance en ses capacités scolaires grâce au soutien parental au Québec
4 septembre 2026 Tutorat et soutien scolaire

Comment motiver son enfant à l’école quand il perd confiance

Stratégies pour remotiver un adolescent démotivé face aux études au secondaire au Québec
28 août 2026 Tutorat et soutien scolaire

7 stratégies pour remotiver un adolescent face aux études

27 août 2026

3 stratégies de décaissement en épargne-études