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Survivre aux chicanes entre frères et sœurs

20 avril 2020

Durant les périodes de vacances comme les Fêtes, la semaine de relâche, les vacances estivales, les longs week-ends, avez-vous remarqué que vos enfants se chicanent plus souvent?

Rien d’étonnant là-dedans! En effet, plus on passe de temps avec une autre personne, plus on augmente les probabilités de conflits. Pourquoi? Tout simplement parce que la quantité de temps partagé est plus grande; il y a donc plus d’occasions de frictions, voire de conflits, mais également de beaux moments.

Ajoutons à cela une routine chamboulée, des parents surchargés, l’ennui et du stress en grande quantité : tadaaam! Tous les ingrédients sont réunis pour des conflits entre frères et sœurs.

Les colères spontanées

Quand on vit un état de stress chronique, on est susceptible de ressentir et d’exprimer ce qu’on appelle une colère spontanée; une pacotille peut déclencher un tsunami de colère. Et gare à ceux qui sont à proximité de nous : ils risquent d’en vivre les contrecoups. Cela peut donc arriver entre frères et sœurs.

(Merci à Sonia Lupien pour son merveilleux billet de blogue à cet effet, que vous pouvez lire ici afin d’avoir plus d’informations à ce sujet.)

La coupe est pleine

Nous avons tous une coupe émotionnelle, c’est-à-dire une capacité de stockage d’émotions désagréables. Certaines journées, après une bonne nuit de sommeil, de bonnes nouvelles, un ciel dégagé, il est probable que cette coupe ait une plus grande capacité. À l’inverse, en contexte de stress, cette même coupe peut être rikiki. Et souvent, un petit événement peut nous sembler IMMENSE, et voilà que notre coupe déborde! Pour un enfant, la relation avec son frère ou sa sœur peut ainsi être plus tendue, et les conflits risquent de survenir à la moindre frustration qui, normalement, serait vite gérée et oubliée.

Les raisons des conflits

Voici les raisons les plus fréquentes pour la survenue de conflits fraternels :

  • Se disputer l’attention des parents
  • Entretenir de la jalousie, une rivalité
  • Vouloir le même objet (regarder SON émission à la télévision, par exemple)
  • Imposer son choix d’activité aux autres
  • Vouloir contrôler et diriger le jeu en disant à l’autre quoi faire et ne pas faire
  • Vouloir jouer avec un autre enfant qui, lui, veut être seul
  • Ne pas vouloir partager tel ou tel jouet

Des pistes de solutions

On peut permettre à chacun de nos enfants de choisir des jouets et des objets qu’ils ne veulent absolument pas partager. On s’en parle tous ensemble afin que les objets intouchables soient clairement identifiés. Tout le reste des jouets et des objets peut être partagé.

Encouragez la discussion en parlant au « je ». Ainsi, l’autre ne se sent pas attaqué et la personne qui prend la parole parle de SES émotions à elle. Par exemple : « J’ai de la peine quand tu refuses de jouer avec moi. J’aimerais ça qu’on joue ensemble plus souvent. » Ce à quoi l’autre enfant pourrait répondre : « En ce moment, j’ai besoin d’être seul et de faire mes petites affaires. Après, j’irai te voir et on pourra jouer ensemble. »

Encouragez les enfants à prendre une pause lorsqu’ils sentent qu’ils vont déborder (avant, faut-il reconnaître les signaux de trop-plein qui s’amène, évidemment, ce qui fait partie des apprentissages émotionnels) en se retirant dans leur chambre, par exemple, pour effectuer une activité apaisante. On prévient l’autre enfant qu’il faut respecter ce besoin d’espace et de temps et que la personne qui s’est retirée reviendra vers lui lorsqu’elle s’en sentira prête, pas avant!

Voici quelques astuces à utiliser dans les interactions fraternelles : faire des compromis, utiliser le « chacun son tour » ou tirer à pile ou face. Ces techniques peuvent permettre aux enfants de régler leurs différends ensemble sans que les parents interviennent sans cesse. C’est important de laisser les enfants tenter de trouver des solutions ensemble! Ces expériences, en plus de les responsabiliser, constituent un terreau fertile pour les apprentissages socio-émotionnels (qu’ils pourront éventuellement appliquer à leurs autres relations amicales et sociales).

Enfin, voici les 8 étapes de la résolution de conflit, qu’on peut illustrer ou inscrire à un endroit visible pour nos enfants afin de leur procurer un rappel visuel au besoin :

  1. Se calmer
  2. Se parler
  3. S’écouter
  4. Trouver des solutions ensemble
  5. Appliquer la solution choisie
  6. Observer son efficacité
  7. Rectifier le tir au besoin
  8. Se réconcilier

 

On se rappelle que les conflits au sein de la fratrie, c’est NORMAL – encore plus en cette période de confinement qui est stressante pour tous. Un peu d’auto-bienvillance, un ajustement de nos attentes et… ça devrait bien aller! ;-)

Un super livre : Frères et sœurs de James J. Crist et Elizabeth Verdick.

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