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Quels sont les «bons» et les «mauvais» aliments?

9 décembre 2020

Les fruits, c’est « bon », et les desserts, c’est « mauvais », pas vrai? Pour bien nourrir nos enfants, il faudrait donc préparer de « bons » aliments (fruits, légumes, produits à grains entiers...) et délaisser les « mauvais » (sucreries, desserts, croustilles…).

Et si je vous disais que ce qu’on nous a appris est faux?

Lisez la suite pour comprendre pourquoi!

L’origine du « bon » et du « mauvais »

Le concept de « bons » ou de « mauvais » aliments n’est pas nouveau. Les diètes ont d’ailleurs aidé à populariser cette notion. Certains aliments, selon les diètes, sont à consommer (et sont donc bons) alors que d’autres sont à éviter (et sont donc considérés comme mauvais).

Les diètes ont toutefois plusieurs règles et principes différents : alors que certaines proclament que le sucre et tout ce qui en contient est mauvais, d’autres déclarent que c’est plutôt le gras. De ce fait, il y a autant de « mauvais » aliments que de personnes. Comme parents, ce sont donc nos propres expériences de vie qui viennent attribuer une valeur subjective aux aliments.

Les critères de catégorisation

Lorsqu’on observe de plus près sur quoi se basent les gens pour classer les aliments dans l’une ou l’autre des catégories, on remarque que c’est surtout sur le contenu en nutriments des produits (ex. : gras, sucre, sel, fibres, vitamines, minéraux…).

Cette façon de voir les aliments est toutefois très réductrice et ne prend pas en compte, dans le fait de s’alimenter, bien d’autres facteurs comme le plaisir, le goût, le budget, les valeurs, les préférences alimentaires, la disponibilité, la vie familiale, etc.

De plus, les critères utilisés pour classer les aliments manquent souvent de nuances.

Est-il vrai qu’une consommation de fibres peut aider à la santé digestive et pourrait permettre de réduire nos risques – et ceux de nos enfants – de développer un diabète de type 2?

Certainement.

Est-ce une raison pour développer de l’anxiété face à ce nutriment, se sentir mal de ne pas en manger ou d’en servir, devenir obsédé avec le contenu en fibres des aliments?

Non.

Le secret est dans la nuance

Les messages en nutrition ont souvent mis l’accent sur un nutriment particulier, ce qui a pu contribuer à ce qu’on perçoive les aliments comme « bons » ou « mauvais ». Cela étant dit, ces messages manquent souvent de nuances.

Il est certain qu’une alimentation excessivement riche en sucre, gras et produits animaux peut avoir des effets sur notre santé et celle de notre famille, mais il n’est pas nécessaire pour autant de classer ces aliments comme mauvais. Ce n’est pas l’aliment comme tel qui est problématique, mais sa consommation excessive.

De la même façon, bien que les vitamines et minéraux sont nécessaires au bon fonctionnement de notre corps, ce n’est pas en mangeant un fruit par jour, par exemple, que nous allons guérir tous nos maux, ou ceux de notre jeune.

Le danger de la classification

Bien qu’il puisse sembler anodin de classer les aliments, cela a un effet pervers très tenace sur nous, et spécialement sur nos enfants.

Lorsqu’on considère un aliment comme « mauvais », on a tendance à s’en priver. Ainsi, au lieu de le manger librement en respectant notre corps et nos envies, on s’empêche de le consommer. Au fil du temps, une frustration se développe, ce qui fait que lorsqu’on a accès à l'aliment, on va le manger rapidement, sans le déguster et en grande quantité, parce qu’on se dit que c’est « maintenant ou jamais ». On se sent ensuite mal et coupable de l’avoir consommé, alors on se prive à nouveau.

Pour les enfants, c’est exactement la même chose. Ils apprennent vite que certains aliments sont « spéciaux » ou « interdits » et lorsqu’ils ont la chance d’en manger, ils exagèrent souvent. La problématique dans ces comportements est que les enfants développent une relation très malsaine avec les aliments à un très jeune âge.

Le maintien de cette façon de s’alimenter peut également apporter, plus tard dans la vie, des troubles du comportement alimentaire, de la détresse ou encore une relation malsaine avec son corps et les aliments.

La seule solution à cette classification est de résoudre notre propre relation avec les aliments et de montrer un exemple sain pour nos enfants. Ainsi, pour s’en sortir, il est primordial de considérer les aliments pour ce qu’ils sont : des aliments. Ils ne sont pas moralement bons ou mauvais. Entretenir ces pensées occasionne beaucoup de culpabilité, de la compulsion alimentaire et ne nous permet pas d’avoir une saine relation avec les aliments.

On vise donc la neutralité alimentaire, qui n'exclut pas le fait que certains aliments sont plus gras, sucrés ou salés que d'autres, mais qui nous invite à ne pas baser nos décisions alimentaires uniquement sur ces paramètres.

De belles solutions en famille sont, entre autres, de se corriger lorsqu’on qualifie un aliment, de faire attention au vocabulaire qu’on utilise pour les décrire et d’éduquer nos enfants (et nous-mêmes!) sur les aliments et leur rôle dans notre alimentation (plaisir, énergie, etc.).