Comment développer la motricité fine de votre enfant? | Article de blogue de Kaleido
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Comment développer la motricité fine de votre enfant?

Nanny secours blogueuse pour Kaleido

Écrit par : Nanny Secours

18 décembre 2020

Le développement psychomoteur de l’enfant s’effectue d’abord par l’évolution de la motricité globale. On voit nos bébés apprendre à se mouvoir, à développer le tonus nécessaire à la position assise puis à la station debout qui les mènera vers la marche. De grandes étapes, semées d’aventures et de découvertes, de réussites et de répétitions, qui les rendent fiers et de plus en plus capables d’explorer le monde qui les entoure.

C’est en parallèle que se développe la motricité fine, mais son apogée se fait surtout dans un deuxième temps, lorsque l’enfant est enfin dégagé de ses entraves liées au maintien de la posture et lorsque les mains sont enfin « libérées ».

En effet, la motricité fine regroupe tous les mouvements fins et précis que le corps peut effectuer et, plus particulièrement, ceux des mains.

Ainsi, les activités qui mettent en jeu la motricité fine sont d’une grande importance, car elles vont permettre à l’enfant de devenir de plus en plus autonome au fur et à mesure de ses expériences et de ses apprentissages. Ses compétences grandissantes vont lui permettre de réaliser de plus en plus d’actions par lui-même et de développer sa créativité, ses habiletés ludiques, ses capacités à manger seul, à s’habiller, à dessiner, etc. Toutes ces compétences sont des prérequis aux apprentissages scolaires, notamment au graphisme puis à l’écriture.

Quelles sont les étapes du développement de la motricité chez l’enfant?

Il est intéressant d’offrir à votre enfant un milieu de vie qui lui permet de développer sa motricité globale et sa dextérité, dès son plus jeune âge, afin qu’il passe par les différentes étapes du développement :

  • Avant 3 mois, les gestes de votre bébé sont encore anarchiques et il saisit les objets placés dans sa main par réflexe.

  • Entre 3 et 6 mois, votre bébé va commencer à essayer d’attraper les objets qu’il convoite, puis réussira progressivement, en « ratissant » avec ses bras, ses doigts, et finira par passer l’objet d’une main à l’autre de façon encore approximative.

  • Entre 6 et 9 mois, il acquiert la pince pouce-index qui lui permet d’attraper des objets plus petits, le mouvement devient plus volontaire et l’enfant apprend à lâcher les objets, maîtrisant de plus en plus le « prendre-lâcher ».

  • Vers 1 an, il peut désormais tenir sa cuillère seul, manipuler des objets de façon plus élaborée : c’est le temps des jeux d’encastrement, notamment.

  • Entre 18 mois et 2 ans, le jeune enfant maîtrise la rotation du poignet et peut expérimenter de nouvelles capacités, comme le vissage/dévissage, et commence à dissocier son pouce des autres doigts, ce qui l’amène vers une plus grande force manuelle.

  • Entre 2 et 4 ans, l’enfant expérimente le graphisme, par les activités de dessin, par exemple, et se familiarise avec le crayon.

C’est donc vers 12 mois que la motricité fine se perfectionne davantage et que les activités qui la sollicitent deviennent intéressantes pour les enfants.

Bien entendu, ces données sont à titre indicatif et chaque enfant se développe à sa façon et à son rythme. Ainsi, il se peut que vous observiez que certains développent leur motricité fine bien plus tôt ou même avant d’avoir affiné leur motricité globale!

Alors, comment l’aider?

Avec les bébés

  1. Pour le bébé, il est judicieux de créer un espace stimulant (mais pas trop!), comme un tapis de jeux, afin qu’il puisse expérimenter par lui-même sa motricité globale pour ensuite la mettre au service de sa motricité fine.
    C’est lorsque le bébé est attiré par un objet éloigné qu’il va essayer de se déplacer pour l’atteindre. Une fois sa cible atteinte, c’est à ce moment-là qu’il va chercher à l’attraper et à la manipuler. Il va le faire de façon très répétitive et utiliser souvent les mêmes actions afin de perfectionner ses gestes.
    Pour les bébés comme les jeunes enfants, il est important de proposer des jouets attractifs qui font du bruit ou de la lumière afin de susciter leur intérêt et d’augmenter leur désir d’exploration.

  2. Plus tard, les jeux d’encastrement ou de transvasement, par exemple, vont aider votre enfant à affiner ses gestes.

  3. Au quotidien, il s’agit de laisser votre enfant explorer toutes les activités mettant en jeu les diverses manipulations possiblesdes doigts et de la main : attraper, pincer, tapoter, pointer, agripper, poser, insérer, taper, enfoncer, malaxer, déchirer… tout en variant aussi les outils à mettre entre leurs mains (balles, papier, crayon, sable, plumes, jetons, bouchons, cubes, pâte à modeler, mais aussi nourriture!)
    Dès que votre enfant s’intéresse à ce qui se trouve dans son assiette, vous pouvez alors le laisser découvrir par lui-même les aliments qu’il attrape avec ses doigts ou lui donner une cuillère en même temps que vous le nourrissez avec une autre : cela lui permettra de développer ses habiletés manuelles et sa coordination visuo-motrice.

Avec les enfants d’âge préscolaire

  1. Les jeux de doigts et les chansons mimées deviennent des jeux de choix pour enrichir leur palette de motricité fine : par exemple, avec le pouce, l’enfant essaie de toucher l’un après l’autre l’extrémité de tous ses doigts, et ce, de plus en plus vite. Ou encore, demandez à votre enfant de toucher la table avec la main, puis avec chacun des doigts en alternant pouce-main, index-main, majeur-main...

  2. Proposez-lui des activités de triage : vous pouvez créer des bacs « sensoriels » dans lesquels vous mettez du riz ou des pâtes et cachez de petits objets de différentes matières (des plumes, des bouts de rubans, des billes, des perles) qu’il lui faudra chercher, trouver et trier. Cette activité éveillera la curiosité de votre enfant tout en l’aidant à distinguer les formes et les matières du bout des doigts!
    Ou encore, placez plusieurs petits objets (boutons, perles, morceaux de ouate…) devant lui et demandez-lui de les trier, puis de les ranger par catégorie, dans des boîtes ou des assiettes.

  3. Laissez-le s’habiller seul! Lorsque votre horaire le permet, il s’agit de prendre le temps de le laisser faire, avec des petites étapes au début, comme mettre ses bas ou enfiler ses souliers, puis, progressivement, votre enfant apprendra à mettre les autres pièces de vêtements et même à fermer sa fermeture éclair!

Avec les enfants d’âge scolaire

À partir de cet âge, toutes activités manuelles et créatives sont source de renforcement de la dextérité :

  1. Enfilage de perles, de pâtes alimentaires : allez du plus large au plus petit au fur et à mesure que votre enfant réussit.

  2. Découpage : cette activité est souvent difficile et imprécise au début, mais l’expérimentation sera des plus bénéfiques.

  3. Dessin et peinture : vous pouvez commencer par de la peinture au doigt pour aiguiser son attention, puis lui proposer des outils divers, comme la plume, le tampon, la ouate, le bâtonnet, puis le pinceau. Pour le dessin, on peut également débuter par des crayons de cire, des crayons de bois, des feutres…

  4. Bricolage/Collage : on peut bricoler et coller avec tout type de matériaux qui nécessitent des manipulations différentes, comme du papier, du tissu, des mousses, des gommettes, du riz, des pâtes, des feuilles d’automne, du coton, de la feutrine, des cure-pipes, etc.

  5. Jeux de société : la motricité fine est très sollicitée et affûtée dans de nombreux jeux. Par exemple, tous les jeux de cartes où les joueurs doivent tenir les cartes, les ramasser sur une table, les brasser, ou encore ceux avec de petits pions à déplacer ou des pièces à manier, à équilibrer, etc.

Finalement, toutes activités qui amènent du plaisir à l’enfant lui permettent d’expérimenter et de développer toutes ses compétences.

Chaque enfant s’épanouit à son rythme, et c’est bien normal qu’il soit différent du voisin ou de son ami! Cependant, dès que votre enfant exprime un malaise, un inconfort persistant ou des difficultés qui lui pèsent, n’hésitez pas à consulter un professionnel afin d’évaluer le degré de difficulté et les besoins de soutien.

 

Perrine Mangeot
Coach Familial-Psychomotricienne D.E
Membre du Réseau Nanny Secours