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Se séparer : comment faire avec des enfants en bas âge?

Nanny Secours

Écrit par : Nanny Secours

10 février 2022

Vivre une rupture n’est jamais simple, surtout lorsqu’on a des enfants. Cela entraîne un grand nombre de questionnements sur la manière de procéder. Voici quelques conseils pour vous aider à faire face à ce qui peut paraître une énorme montagne à gravir et ainsi réussir votre séparation.

Comment annoncer la séparation aux enfants?

  • Se préparer et définir les modalités pratiques en amont

Il est préférable de se préparer en définissant à l’avance les modalités pratiques, telles que la garde des enfants, les lieux de vie et les dates de déménagement et d’emménagement. De cette façon, vous pourrez bien expliquer la situation aux enfants en leur donnant une description précise du déroulement des étapes à venir.

  • L’annoncer à deux si possible

Choisissez d’avance le lieu et le moment pour en parler. Si cela est possible, prévoyez de le faire à deux afin de rassurer vos enfants sur le fait que même si leurs parents se séparent, ils ne se séparent pas de leurs enfants. Vous pouvez ajouter que même s’il y aura des jours où vous ne serez pas là, ils seront toujours aimés par leurs deux parents.

Lorsque les enfants sont jeunes, la notion de temps n’étant pas encore intégrée, il sera important de ne pas prévoir une annonce trop longtemps à l’avance (par exemple, comptez deux semaines avant la séparation effective pour des enfants de moins de 5 ans).

  • Être clair et déresponsabiliser les enfants de la situation

Il est nécessaire d’utiliser des mots simples et clairs, les plus proches possibles du langage de votre enfant, en faisant des phrases courtes et en tenant compte de son âge. Les enfants plus jeunes ont besoin d’informations moins détaillées, tandis que les enfants plus âgés peuvent demander à en savoir davantage. Expliquez très clairement à votre enfant qu’il n’est pas responsable de la séparation, que ce sont des affaires d’adultes et qu’il n’aurait rien pu faire pour éviter la situation. Cela l’aidera à comprendre que c’est définitif.

Gérer le plan émotionnel

Une séparation entraîne un déséquilibre et une fragilité émotionnelle : tout comme pour les adultes, la séparation des parents représente un deuil pour les enfants, et ceux-ci doivent passer par plusieurs étapes. Il est donc indispensable de les laisser vivre les émotions associées et de les accompagner.

Il est également judicieux d’informer les adultes intervenant auprès de votre enfant (comme l’éducatrice ou l’enseignant) que celui-ci vit une période difficile afin de lui permettre de verbaliser ses sentiments et son histoire au besoin.

Gérer le plan matériel et financier

Le mode de garde et la pension alimentaire sont deux aspects qui doivent être pris en considération dès le départ lors de la séparation financière d’un couple et qui doivent être discutés très rapidement.

Il existe 3 façons de procéder :

  1. l’entente à l’amiable : c’est la solution quand les parents sont ouverts au dialogue et qu’ils ont une vision commune concernant le bien-être et les intérêts de leurs enfants.
  2. la médiation : c’est un mode de « résolution des conflits par lequel un médiateur impartial intervient entre des parents pour les aider à négocier une entente équitable et viable répondant aux besoins de chacun des membres de la famille et faisant l’objet d’un consentement libre et éclairé ». Si vous en avez besoin, vous pouvez consulter l’Association des médiateurs familiaux du Québec.

À noter que le gouvernement du Québec offre 5 rencontres de médiation gratuites. Pour y avoir accès, vous devez avoir participé préalablement à la séance sur la parentalité après la rupture. Il s’agit de séances gratuites données au palais de justice de votre localité.

  1. le recours juridique : si vous n’arrivez pas à vous entendre, les décisions doivent être rendues par un juge. Vous pouvez alors utiliser les services d’un avocat pour vous représenter. Cette option est la plus coûteuse, tant sur le plan financier que sur le plan psychologique. En effet, le processus de la cour peut être particulièrement stressant pour les parents, mais également pour les enfants. Pour tous renseignements, consultez le Barreau du Québec.

La garde est partagée lorsque les enfants passent entre 40 et 60 % de leur temps avec chacun de leurs parents. Elle peut être organisée de plusieurs façons, l’important étant de s’adapter au fur et à mesure en fonction de la réaction des enfants. Rien n’est définitif, et vous pouvez faire évoluer le mode de garde dans le temps.

Lors d’une séparation, il faut aussi penser à aviser Retraite Québec et l’Agence du revenu du Canada pour l’allocation canadienne pour enfants 90 jours après la séparation de corps (lorsque vous avez cessé de cohabiter). Selon le mode de garde, les allocations seront partagées ou non.

Quelle attitude adopter avec ses enfants et avec son ex-conjoint?

Pour préserver l’harmonie, il est important de conserver le plus possible la cohésion parentale ou la coparentalité : vous n’êtes plus un couple amoureux, mais vous resterez toujours un « couple » parental pour les enfants. La coparentalité se définit par une saine collaboration entre les parents qui, malgré la séparation, s’assurent de répondre aux besoins des enfants.

La communication entre les parents est donc primordiale et se doit de rester respectueuse. Il est également important d’accepter les différences de fonctionnement d’un foyer à l’autre, tant que cela va dans le sens du bien-être des enfants, et de rester cohérent d’un parent à l’autre. Il est judicieux d’éviter de se disputer devant les enfants et de régler les conflits éventuels en dehors de leur présence.

Et la routine de l’enfant dans tout ça?

Il est important de maintenir la routine telle que les enfants la connaissent le plus longtemps possible afin de les rassurer. Si la garde est partagée, instaurer le même type de routine dans les deux foyers permettra de sécuriser les enfants.

À qui s’adresser pour une aide extérieure?

Une rupture est une étape déstabilisante dans la vie d’une famille. Il ne faut donc pas hésiter à demander de l’aide, que ce soit pour vous-même ou pour accompagner vos enfants dans ce changement.

De nombreuses ressources existent : votre médecin de famille, un(e) psychologue, un(e) psychoéducateur(-trice), un(e) travailleur(-euse) social(e), un(e) éducateur(-trice) spécialisé(e), des coachs familiaux ou autres ressources de l’école ou du milieu de garde, le CLSC de votre secteur ou la ligne Info-Social 811.

 

Perrine Mangeot
Coach familiale-Psychomotricienne
Membre du Réseau Nanny secours