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Soutenir votre ado dans sa réflexion pour l’admission au cégep

Écrit par : Annie Morin

Tous
29 janvier 2026

Avec ses longs bras négligemment étendus, sa légendaire flemme et la poussière orange de Doritos qui trahit son dernier « souper » au coin de sa bouche, vous voilà devant un ado censé faire un choix pour ses études postsecondaires… Vos espoirs s’accrochent à quelques conversations furtives où il a vaguement mentionné un domaine d’intérêt et de rares tentatives pour prendre son avenir en main. Pourtant, le doute demeure. Que faire face à un jeune qui semble plutôt passif, alors que la date limite d’admission au cégep approche?

D’abord, rassurez-vous : ce phénomène est fréquent. Ce n’est pas parce que le système demande aux jeunes de se prononcer à 16 ou 17 ans que leur maturité, leur volonté ou leur disponibilité à choisir suivent automatiquement. Le développement de la maturité vocationnelle n’est ni linéaire ni uniforme. Certains avancent plus lentement, différemment, selon leur connaissance d’eux-mêmes, leur niveau d’anxiété ou leur perception des possibilités.  

On sait même que, parmi les jeunes indécis, environ 59 % se sentent très peu ou pas du tout prêts à faire un choix d’orientation1. Dans ce contexte, voici des pistes de solutions concrètes pour aider votre ado à avancer. 

Pourquoi certains ados semblent passifs?

Parce qu’ils semblent parfois indifférents, voire paresseux, certains adolescents sont rapidement perçus comme passifs lorsqu’on leur parle d’orientation de carrière. Ces étiquettes, bien compréhensibles du point de vue parental, n’aident pas nécessairement le jeune à se mettre en action. Au contraire, elles peuvent l’enfermer dans une image rigide et accentuer une prise de distance, là où le besoin est plutôt d’être compris.

Être passif ne signifie pas ne rien faire. On peut observer, réfléchir ou analyser sans agir visiblement. Ce temps de réflexion est parfois nécessaire à l’adolescence avant de prendre une décision, c’est-à-dire bien avant de compléter son inscription au cégep.

Craindre de se tromper

L’une des causes les plus fréquentes de cette passivité est la peur de se tromper. Pour certains jeunes, ne pas trop essayer semble moins risqué que d’échouer ou de décevoir. Cette peur ne concerne pas seulement le choix d’un programme d’études, elle touche à une crainte plus profonde : celle de passer à côté de son bonheur. Lorsque le choix est perçu comme définitif, la pression devient immense. Devant cette incertitude, l’évitement et la procrastination apparaissent comme des stratégies de protection.

Se sentir incompétente ou incompétent

La passivité peut aussi découler d’un sentiment d’incompétence. Certains jeunes ont l’impression de ne pas être à la hauteur des attentes, qu’elles soient les leurs, celles de leur entourage ou de leur famille. Pour plusieurs, le premier choix d’orientation est perçu comme une décision immense et définitive. La question « Que vais-je faire dans ma vie ? » peut leur sembler écrasante. Ils peuvent se sentir démunis et préférer se mettre en retrait afin d’éviter l’échec.

Construire et définir son identité

La passivité peut aussi refléter une phase de construction identitaire. La procrastination ou le désintérêt temporaire permet aux jeunes de se protéger de la pression et de rester ouverts aux opportunités. Chacun évolue à son rythme, selon sa connaissance de lui-même et du monde du travail.

Il s’agit avant tout d’une occasion de faire preuve d’empathie. Rappelez-vous : à leur âge, peu d’entre nous savaient quoi faire dans la vie. Comprendre leur démarche, même silencieuse, est essentiel pour les accompagner.

Comment aider un jeune en période d’orientation à se mettre en action?

Quand un jeune semble passif, le rôle de l’adulte n’est pas de décider et de faire sa demande d’admission au cégep pour lui, mais de l’aider à développer sa capacité à choisir et à se mettre en mouvement.

Favoriser l’autonomie par des choix significatifs

Plus un adolescent fait des choix, plus il devient habile et à l’aise avec l’idée de choisir. Avant de le pousser, créez un climat où il se sent respecté, soutenu et non jugé. Plutôt que de lui dire quoi faire, offrez-lui de vrais choix dans son quotidien. Les petites décisions répétées développeront progressivement sa confiance et sa compétence à traverser les périodes de transition. L’écoute et les questions ouvertes l’aideront à explorer ses propres idées plutôt que de recevoir des solutions toutes faites.

Miser sur l’expérience plutôt que la théorie

Pour plus de la moitié des jeunes, ce qui aide vraiment, c’est le contact avec la réalité. Au lieu de tenter de tout comprendre uniquement en réfléchissant, vivre des expériences concrètes permet de mieux se connaître : stages d’un jour, visites d’établissements scolaires, bénévolat, emplois d’été variés...

L’objectif n’est pas que votre jeune trouve immédiatement « le bon métier », mais qu’il puisse tester, observer et apprendre ce qu’il aime et n’aime pas. Changez votre approche et passez de « Qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? » à « Qu’est-ce que tu as envie d’essayer l’an prochain? ». Vous lui rappellerez ainsi que son choix n’est pas définitif.

En effet, le système d’éducation est flexible et permet des ajustements. D’ailleurs, on constate qu’environ 30 %2 de la population étudiante collégiale va changer de programme pendant son parcours. Selon une étude québécoise réalisée en 2022, 18,3 %3 de ces jeunes avaient déjà effectué un changement de programme à leur deuxième session. Le choix du 1er mars (date limite de la demande d’admission pour la session d’automne) n’est donc pas une destination finale, mais une étape dans un parcours évolutif.

Établir un plan d’action pour l’aider à se mettre en mouvement

La passivité peut simplement venir de l’incertitude. Un coup de pouce concret pourrait être d’établir un plan d’action simple avec des étapes, un calendrier et des dates clés (portes ouvertes, admissions, échéances, etc.). Organiser le processus le rend plus accessible et moins anxiogène.

Accepter l’erreur et éviter le contrôle excessif

Parfois, les parents tendent à contrôler les choix de leurs enfants par peur de l’échec. Mais lorsqu’un jeune sent que ses décisions sont imposées, il peut se désengager ou se sentir incapable. Si un échec survient après un choix imposé, la relation parent-enfant peut même être affectée.

Laisser place à l’essai, à l’erreur et à l’apprentissage permet au jeune de se sentir comme un acteur de sa vie plutôt que comme un simple exécutant.

Petit à petit, laissez votre ado construire son avenir

Il est normal qu’à l’adolescence, on hésite ou prenne son temps pour réfléchir à son avenir. La passivité ponctuelle fait partie du processus de maturation et n’est pas alarmante. Il devient pertinent d’agir seulement si l’inaction se prolonge, si l’anxiété ou le désengagement devient paralysant, ou si des signes de souffrance apparaissent. Dans ces cas, dialoguer, proposer un plan d’action concret ou consulter un professionnel peut aider votre jeune à retrouver confiance et à prendre action.

Rappelez-vous que chaque expérience et chaque petit pas que font vos enfants les aident à mieux se connaître et à construire un avenir qui a du sens pour eux.

Références 

  • Cournoyer, L., et Lachance, L. (2018). L’ado en mode décision : 7 profils pour comprendre et aider son choix de carrière. Septembre Éditeur. 
  • Service régional d’admission du Montréal métropolitain (2020). Regard sur l’allongement des études au collégial. Les Têtes Chercheuses : le bulletin destiné aux utilisateurs de PSEP et DÉFI. 
  • Fédération des cégeps (2025). Sondage provincial sur la population étudiante collégiale (SPEC 2) lors de la deuxième session d’études. Traitement spécial réalisé par ÉCOBES – Recherche et transfert. 
Notes légales

1. Academos (2024). Gen Z : Comprendre les aspirations professionnelles des jeunes en 2024 [Rapport]. Étude réalisée en collaboration avec Desjardins et la firme SOM, basée sur un sondage mené auprès de 1 013 Québécoises et québécois âgés de 14 à 30 ans, réalisé en janvier 2023.

2. Service régional d’admission du Montréal métropolitain (2020). Regard sur l’allongement des études au collégial. Les Têtes Chercheuses : le bulletin destiné aux utilisateurs de PSEP et DÉFI. 

3. Fédération des cégeps (2025). Sondage provincial sur la population étudiante collégiale (SPEC 2) lors de la deuxième session d’études. Traitement spécial réalisé par ÉCOBES – Recherche et transfert.

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